M. René-Charles Quirion, journaliste à La Tribune , cite le chiffre de 3 femmes sur dix victimes de violence conjugale dans un article intitulé Les femmes s’élèvent peu à peu, publié dans La Tribune le 26 avril 2011, et que l’on peut consulter à à l’adresse suivante : http://www.cyberpresse.ca/la-tribune/201104/26/01-4393489-les-femmes-se-levent-peu-a-peu.php
| Si au Canada, environ trois femmes sur dix se disent victimes de violence conjugale, au Pérou ce serait environ 66%. |
Suite à une demande d’information de notre part, M. Quirion nous informe que la source de ce chiffre est la suivante : http://www.inspq.qc.ca/violenceconjugale/statistiques/default.asp?id=6,
c’est-à-dire la Trousse Média mise en ligne sur le site de l’Institut National de Santé Publique (INSPQ), qui est un document produit par des militantes féministes radicales comme Mme Diane Prud’homme, du Regroupement provincial des maisons d’hébergement ,et qui constitue une tentative très élaborée de manipuler l’information sur la mesure de la violence conjugale et les statistiques disponibles sur ce phénomène afin de rendre plausibles les thèses féministes sur la violence conjugale.
En outre la Trousse Média déforme de manière éhontée et systématique la méthodologie des Conflict Tactics Scales, mise au point par le chercheur américain Murray A. Straus, afin de prétendre que cette approche ne constitue pas une méthodologie fiable. Ce qui n’empêche pas les CTS d’être la méthodologie employée par des centaines de chercheurs de toutes les disciplines des sciences sociales et humaines extrêmement compétents partout dans le monde. Et pourtant l’Institut National de Santé Publique du Québec n’hésite pas à s’inféoder aux propagandistes féministes du Regroupement Provincial et met sur son site un document qui est une véritable honte scientifique, surtout de la part d’un organisme qui prétend représenter la plus haute autorité scientifique au Québec en matière de santé publique.
Voici ce que l’on retrouve dans
Vingt-neuf pour cent (29 %) des Canadiennes (25 % des Québécoises) affirment avoir été victimes d'au moins une agression physique ou sexuelle de la part d'un partenaire actuel ou précédent depuis l'âge de 16 ans3. Source : EVEF 1993 ( Trousse Média, INSPQ ) http://www.inspq.qc.ca/violenceconjugale/statistiques/default.asp?id=6 |
En d’autres termes, M. Quirion, de La Tribune , sous l’influence de la représentante L’Escale, cite comme ACTUEL un chiffre qui date de 1993 et provient de L’enquête sur la violence envers les femmes (EVEF), menée par Statistique Canada en 1993. Autrement dit, le journal La Tribune présente comme une nouvelle un chiffre vieux de 18 ans. Un chiffre cent fois réchauffé, qui résume parfaitement la conviction féministe profonde que la violence conjugale est un phénomène intemporel qui ne change pas à travers le temps, même si l’ensemble des gouvernements du Canada ont investi environ une dizaine de milliards au cours des trois dernières décennies soi disant pour contrer et combattre ce phénomène, et apparemment sans aucun résultat tangible s’il faut en croire les représentantes du Regroupement provincial, qui ne citent jamais rien d’autre que ce chiffre vieux de plus de 18 ans. Quand les grands quotidiens comme La Tribune font état de l’actualité économique et qu’ils citent des statistiques comme celles ayant trait au chômage, à l’investissement, aux dépenses gouvernementales, à la population active, est-ce qu’ils présentent systématiquement des chiffres vieux de 15 ans ou de 20 ans (en dernière instance, si tel était le cas, pourquoi prendrait-on la peine de lire les journaux) ? Poser la question c’est y répondre. Pourtant quand il s’agit de la violence conjugale, les règles même les plus élémentaires du journalisme paraissent ne plus s’appliquer. Le féminisme victimaire n’a que faire des règles les plus minimales de l’objectivité.
Ce que M. Quirion devrait absolument savoir et que les représentantes de groupes de pression comme L’Escale et le Carrefour International ont soigneusement omis de lui mentionner, c’est que, depuis 1993, il y a eu trois autres enquêtes nationales qui ont recueilli des données sur la violence conjugale. Ces trois enquêtes ont repris exactement la même méthodologie que celle utilisée en 1993 par l’EVEF (Holly Johnson, 2005, Assessing the Prevalence of Violence Against Women In Canada, p. 1, ( http://www.un.org/womenwatch/daw/egm/vaw-stat-2005/docs/expert-papers/johnson.pdf )pour mesurer et établir les taux de prévalence sur cinq ans de la violence conjugale au Canada. Il s’agit des Enquêtes sociales générales (ESG) menées par Statistique Canada en 1999, de 2004, et de 2009.
Voici l’évolution des taux de prévalence sur cinq ans de la violence conjugale subie par les femmes, tels que mesurés au moyen de l’EVEF de 1993, de l’ESG de 1999, de l’ESG de 2004 et de l’ESG de 2009. On ne peut pas avoir rien de plus ACTUEL que cela en matière de prévalence de la violence conjugale envers les femmes.
| Taux de prévalence sur cinq ans de la violence conjugale subie par les femmes au Canada, 1993, 1999, 2004, 2009 1993 1999 2004 2009 Taux de prévalence sur cinq ans de la violence subie par les femmes 12% 8% 7% 6,4% Proportion de la violence la plus grave chez les femmes parmi l’ensemble des victimes féminines 50% 43% 39% 34% Taux de prévalence sur cinq ans de la violence la plus grave chez les femmes 6% 3,44% 2,73% 2,18% Note : Tous ces taux ont été établis avec la même méthodologie ; ils sont donc comparables. Source : Mesure de la violence faite aux femmes, tendances statistiques 2006, no 85-570-XIF au catalogue, Statistique Canada, document parrainé par les ministères fédéral, provinciaux et territoriaux responsables de la condition féminine, octobre 2006, 107 pages, : http://www.statcan.gc.ca/pub/85-570-x/85-570-x2006001-fra.pdf . La violence familiale au Canada, un profil statistique 2010, no 85-224-X au catalogue, Statistique Canada, janvier 2011, 58 pages, : http://www.statcan.gc.ca/pub/85-224-x/85-224-x2010000-fra.pdf. |
M. Quirtion, vérifiez ces sources. Si vous ne parvenez pas à vous y retrouver, il nous fera plaisir de vous fournir toutes les explications nécessaires.
Il suffit d’un bref regard sur ce tableau pour comprendre que les résultats de l’EVEF de 1993 ne sont plus d’actualité. En fait, le taux de prévalence sur cinq ans de la violence conjugale subie par les femmes au Canada est passé de 12% en 1993 à 6,4% en 2009 selon Statistique Canada, soit une baisse de 46,7% au cours des 18 dernières années, même si le Regroupement provincial semble prétendre que rien n’a changé (ce qui en dit long sur sa soi-disant compétence en matière de violence conjugale). C’est une nouvelle encourageante dont tout le monde devrait se réjouir. Et au premier chef, le Regroupement provincial, s’il s’intéressait vraiment au sort des femmes victimes de violence conjugale.
En outre, en ce qui concerne les formes de violence les plus graves de la violence conjugale (comprenant les formes suivantes de violence ou items suivant des Conflict Tactics Scales employés dans l’ESG: battues, étranglées, menacées ou agressées à l’aide d’un couteau ou d’une arme à feu, agressées sexuellement), les taux de prévalence sur cinq ans de la violence conjugale la plus grave subie par les femmes sont passés de 6% en 1993 à 2,18% en 2009, soit une baisse de 63,7% au cours de 17 dernières années. Les formes les plus graves de la violence conjugale touchaient 50 % des femmes victimes de violence conjugale en 1993, alors que cette proportion a reculé à 34% en 2009. Même si le phénomène de la violence conjugale existe encore en 2009, il est survenu une évolution considérable entre 1993 et 2009, que la propagande du Regroupement cherche à occulter par tous les moyens.
<>| Le Soleil, 10 février 2011 Pierre Asselin La violence conjugale grave en baisse "Tout d'abord, en 1993, 12 % des femmes ayant un conjoint ou un ex-conjoint disaient avoir été victimes de violence, quelle que soit la gravité, pendant les cinq années précédentes. En 2009, ce taux était évalué à 6,4 %. Et en ce qui concerne les formes les plus graves de violence, on évaluait en 1993 qu'elles touchaient 50 % de toutes les victimes, alors qu'en 2009 la proportion était de 34 % des victimes. Maintenant, si on évalue ces proportions sur l'ensemble des femmes qui ont un conjoint ou un ex-conjoint, on voit que le taux de prévalence sur cinq ans de la violence la plus grave touchait 6 % d'entre elles en 1993, contre 2,18 % en 2009, soit une baisse de 64 %." |
| Voir également un autre article de Pierre Asselin du Soleil sur la violence conjugale, le 12 février 2011 : http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/vivre-ici/societe/201102/08/01-4368324-la-violence-conjugale-se-vit-dans-les-deux-sens.php. "Les hommes aussi se disent victimes de violence conjugale. Ils sont même aussi nombreux que les femmes à vivre une telle situation, indique le 13e rapport annuel La violence familiale au Canada : un profil statistique, produit par le Centre canadien de la statistique juridique" |
Même une fois que cette information a été diffusée dans les journaux, les maisons d’hébergement se gardent bien d’en faire état. C’est la manipulation de l’information à l’état pur. Et, quand on est familier avec le lourd passif des maisons d’hébergement en matière de désinformation, une telle attitude n’est que la continuité d’une politique établie et suivie de longue date. Il n’y a pas que des employées des CALACS qui font de la fraude sous le prétexte de la violence, pour obtenir de l’argent, comme l’a récemment appris à ses dépens M. Dan Bigras. C’est toute une industrie qui a adopté ce modus operandi. Et il ne serait pas surprenant que les maisons d’hébergement aient ciblé M. Quirion pour l’amener encore une fois à diffuser l’information périmée vouant que trois femmes sur dix soient victimes de violence conjugale
M. Quirion devrait demander à la représentante de l’Escale la raison d’un tel mutisme de la part des maisons d’hébergement sur l’évolution des taux de prévalence de la violence conjugale. Il y a fort à parier que la réponse sera fort évasive.
Il faut en particulier se demander si la raison d’un tel mutisme systématique de la part des maisons d’hébergement, ne repose sur la volonté farouche des maisons d’hébergement d’entretenir la psychose victimaire que celles-ci ont semé au Québec depuis 30 ans en utilisant le chiffre frauduleux de 300 000 femmes battues à chaque année au Québec, afin d’extorquer des sommes fabuleuses à l’état québécois, sous prétexte de l’existence d’une situation de crise en matière de violence conjugale ? C’est la tactique de manipulation de l’information bien connue, en sociologie, sous le nom de «Moral Panic». Depuis 30 ans, les groupes de pression féministes sèment la psychose victimaire au Québec pour se livrer à l’extorsion des fonds publics.
L’après-rupture a fait en 2010 la démonstration irréfutable, dans le livre 300 000 femmes battues Y avez-vous cru ?, que ce chiffre de 300 000 femmes battues à chaque année au Québec était une pure fabrication, produite en 1985 dans le but de faire accepter un financement annuel récurrent pour les maisons d’hébergement. Sur la base de cette fausse statistique, le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a accordé largement plus d’un milliard de dollars aux seules maisons d’hébergement depuis 1985. Celles-ci ne cessent de clamer que la violence conjugale est en hausse, alors que les enquêtes démontrent le contraire. Pas étonnant que le Vérificateur général du Québec ait constaté dans son rapport annuel 2008-2009 que certaines de ces maisons n’avaient qu’un taux d’occupation annuel de 12%
Cela n’empêche pas les maisons d’hébergement de clamer sur tous les toits que les besoins augmentent à un rythme proprement hallucinant. En janvier dernier, lors des séances de la Commission de l’Assemblée nationale sur les relations avec les citoyens, Mme Manon Monastesse de la Fédération des ressources d’hébergement affirmait ceci : «La moyenne du séjour a également doublé entre 2008-2009 et 2009-2010, passant de 21 jours à 42 jours». http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/crc-39-1/journal-debats/CRC-110119.html.
Ce qui a, avec raison, suscité l’étonnement de M. Traversy, député de Terrebonne(1). Des phénomènes semblables ne surviennent que dans les maisons d’hébergement. Une telle affirmation mériterait à elle seule la tenue d’une enquête criminelle sur le fonctionnement des maisons d’hébergement. Mais le gouvernement refuse toute enquête sur ce secteur, comme il a refusé avec ténacité toute commission d’enquête sur l’industrie de la construction. Car la vérité serait insupportable socialement. Pourtant les maisons d’hébergement ne se sont jamais gênées pour se livrer aux affirmations les plus invraisemblables.
Ce qui a, avec raison, suscité l’étonnement de M. Traversy, député de Terrebonne(1). Des phénomènes semblables ne surviennent que dans les maisons d’hébergement. Une telle affirmation mériterait à elle seule la tenue d’une enquête criminelle sur le fonctionnement des maisons d’hébergement. Mais le gouvernement refuse toute enquête sur ce secteur, comme il a refusé avec ténacité toute commission d’enquête sur l’industrie de la construction. Car la vérité serait insupportable socialement. Pourtant les maisons d’hébergement ne se sont jamais gênées pour se livrer aux affirmations les plus invraisemblables.
Un doublement en une seule année, c’est du jamais vu. Surtout que l’ESG de 2009 montre que la prévalence de la violence conjugale (et à un point plus grand encore les formes les plus graves de la violence), a diminué de manière statistiquement significative entre 2004 et 2009 et que les données policières de la DUC 2 (Déclaration Universelle de Criminalité) montrent que les taux des infractions de violence conjugale subies par les femmes sont demeurés essentiellement inchangés entre 2000 et 2009, soit une hausse d’à peine 1,7% sur l’ensemble de cette période de dix ans, malgré la hausse de la population. (Source Ministère de la Sécurité publique du Québec, Statistiques 2009 sur la criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec, tableau C, page 20, [En ligne] : http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/statistiques/violence_conjugale/2009/violence_conjugale_2009.pdf).
Il est incompréhensible qu’un journaliste accepte encore en 2011 de reprendre sans se livrer à un minimum de vérification les statistiques apocalyptiques constamment véhiculées par les représentantes des maisons d’hébergement et de transmettre cela au public comme de l’information ACTUELLE et valide. Il est difficile de comprendre que l’on prenne comme argent comptant toutes les affirmations des représentantes des maisons d’hébergement, alors qu’il a été démontré à de multiples reprises que les chiffres alarmistes qu’elles véhiculent auprès des médias depuis plus de 30 ans sont soit de pures inventions, soit des données périmées ou complètement sorties de leur contexte, et dont le but non avoué est d'extorquer toujours plus de fonds de l'argent des impôts et taxes des contribuables.
L’ÉQUIPE DE L’APRÈS-RUPTURE
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(1) « M. Traversy: Merci, M. le Président. Juste une petite question pour... de précision puis de compréhension. Mme la ministre, tout à l'heure, vous a posé des questions par rapport au taux d'occupation justement des centres d'hébergement, bon, qui sont occupés à 96 %, en hausse de 12 %. Vous avez noté tantôt que, effectivement, le passage des gens à l'intérieur des centres avait doublé. De 2008 à 2010, vous avez dit que c'était parce que, effectivement, ça demandait plus de travail puis d'encadrement sur du... sur du moyen, long terme.
Je voudrais juste savoir: qu'est-ce... qu'est-ce qui a fait en sorte que, de 2008 à 2010, les taux d'occupation ont doublé? ». [En ligne ] : http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/crc-39-1/journal-debats/CRC-110119.html.
Je voudrais juste savoir: qu'est-ce... qu'est-ce qui a fait en sorte que, de 2008 à 2010, les taux d'occupation ont doublé? ». [En ligne ] : http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/crc-39-1/journal-debats/CRC-110119.html.
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