mardi 15 février 2011

CALACS et désinformation

 
«Les agressions sexuelles envers les femmes de 50 ans et plus. Les statistiques actuellement disponibles
sur le sujet sont rares, mais selon le regroupement Calacs du Québec (Centre d'aide et de lutte contre les
agressions à caractère sexuel), le problème est bel et bien présent, mais les tabous empêchent les victimes de parler.
Anne-Marie Turmel, intervenante au Calacs, dit qu'il est difficile de tracer un portrait exact de la situation des aînées victimes de
violence sexuelle car seulement 10% d'entre elles porteraient plaintes à la police».

Mme Turmel, Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel

Source:
http://monteregieweb.com/main+fr+01_300+Briser_le_silence.html?JournalID=24&ArticleID=682092



Les affirmations de la représentante des CALACS sont basées sur du vent. On se demande quelle est la conception de l’information d’un journal comme le Soleil de Chateauguay qui met les pages de son journal à la disposition de groupes de pression comme les CALACS pour se livrer à la désinformation du public dans leurs tentatives permanentes d’entretenir la psychose victimaire et le stéréotype sexiste de la femme victime et de l’homme bourreau.

Mme  Turmel dit que les statistiques sur les agressions sexuelles sont «rares». Une telle affirmation constitue une technique de conditionnement bien connue préparant le lecteur à accepter la manipulation à laquelle elle va le soumettre. Il est absolument et rigoureusement inexact que les statistiques sur les agressions sexuelles sont rares. Au contraire, les statistiques sont abondantes et détaillées. En effet, le ministère de la Sécurité public du Québec publie à chaque année, une compilation exhaustive des agressions sexuelles rapportées à la police par les victimes d’agression sexuelle. Et les données policières sont ventilées selon les groupes d’âge.

À titre d’exemple, pour l’année 2008, les taux pour 100000 femmes sont les suivants au Québec, selon les différents groupes d’âge :
 
                                 Taux pour 100000 femmes
Moins de 18 ans            363,3
18-19 ans                      253.3
20-24 ans                      153.5
25-34 ans                        82.5
35-44 ans                       44.1
45-54 ans                       26.7
55-64 ans                        9.7
65 ans  et plus                 7.0

Source : Statistiques 2008 sur les agressions sexuelles au Québec, ministère de la Sécurité publique du Québec, Tableau C, p. 47
[En ligne] : http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/statistiques/agressions_sexuelles/2008/agressions_sexuelles_2008.pdf

Ce même tableau présente l’évolution des taux des agressions sexuelles selon le groupe d’âge pour chaque année au cours de la période 2001-2008. Si elle avait vraiment voulu informer honnêtement les lecteurs du Soleil, Mme Turmel, représentante des CALACS n’aurait pas eu à faire de grands efforts pour présenter une image véridique de la tendance des agressions sexuelles dont sont victimes les femmes de 50 ans et plus au Québec. Au contraire, elle se contente de spéculer et laisse entendre que le «problème est plus important qu’il ne le laisse paraître». La réalité, c’est que le taux des agressions sexuelles chez les femmes de 65 ans et plus est 50 fois moins élevé que chez les moins de 18 ans.

Chez les femmes de 55-64 ans, le taux des agressions sexuelles est de 9,7 femmes sur 100000 en 2008.
Chez les femmes de 65 ans et plus, le taux des agressions sexuelles est de 7,0 femmes sur 100000 en 2008.

Selon l’Institut de la statistique du Québec, il y avait environ 640 640 femmes de 65 ans et plus au Québec en 2008  ([En ligne) : http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/struc_poplt/201_2008.htm). Sur la base d’un taux de 7 femmes pour 100000, on peut extrapoler qu’il y aurait eu environ 48 ou 49 femmes de 65 ans et plus victimes d’agression sexuelle en 2008 au Québec dont la situation aurait été signalée à la police . Il est très probable que la très grande majorité, sinon la totalité, de ces personnes ont été victimes d’agression mineure, c’est-à-dire une agression sexuelle de niveau I ou un délit classé dans la catégorie des autres infractions d’ordre sexuel qui, chez les adultes, représentent respectivement 87,8% et 8,5 % du total des infractions sexuelles au Québec en 2008 (Source : Statistiques 2008 sur les agressions sexuelles au Québec, tableau 5, p. 33).

On peut se fermer les yeux et supposer avec complaisance que les CALACS disent la vérité en prétendant que seulement 10% des infractions sont signalées à la police. Cependant, ce chiffre de 10% constitue de la désinformation de la part des CALACS, car une telle proportion provient de l’Enquête sur la violence envers les femmes de 1993 de Statistique Canada et inclut dans la définition des «agressions sexuelles» les incidents considérés par la victime comme de l’exhibitionnisme (même si un tel exhibitionnisme a pu être involontaire ou accidentel) ou des attouchements (même  si de tels attouchements ont pu être involontaires ou accidentels dans certains cas, par exemple dans les moyens de transport publics tels les wagons de métro qui sont bondés aux heures de pointe ou dans des lieux publics comme les bars et les discothèques). De tels incidents, dont il est parfois difficile de déterminer la nature exacte, constituent la majorité des «agressions sexuelles». Si l’on ne tient pas compte des actes considérés comme de l’exhibitionnisme ou des attouchements (potentiellement volontaires ou accidentels) et que l’on ne considère que les incidents où il y a eu véritablement agression en ayant recours de manière délibérée à la coercition ou à la force, le véritable taux de déclaration à la police est plus proche de 50% que de 10%.

En outre, la représentante des CALACS devrait avoir l’honnêteté minimale d’ajouter que, si une forte proportion des incidents n’est pas signalée à la police, c’est que la «victime présumée» considérait dans une très forte proportion des cas non signalés que l’incident n’était pas assez important pour justifier un signalement à la police. La façon dont la représentante des CALACS torture les faits et omet de faire mention de toutes ces nuances importantes, qui sont pourtant bien documentées (elle induit la population en erreur en disant que les chiffres sont rares; la vérité, c’est plutôt que les chiffres qui pourraient soutenir les prétentions alarmistes des CALACS sont très rares) constitue une manipulation cynique des faits et les insinuations alarmistes auxquelles elle se livre constitue carrément de la désinformation, dont le but final est l'obtention de fonds gouvernementaux.
 


Fraude
380. (1) Quiconque, par supercherie, mensonge ou autre moyen dolosif, constituant ou non un faux semblant au sens de la présente loi, frustre le public ou toute personne, déterminée ou non, de quelque bien, service, argent ou valeur :
a) est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de quatorze ans, si l’objet de l’infraction est un titre testamentaire ou si la valeur de l’objet de l’infraction dépasse cinq mille dollars ;
[...]
(Code Criminel du Canada )
 
<>Or, même en faisant abstraction de toutes les nuances des enquêtes sur la victimisation quant aux motivations des victimes qui n’ont pas signalé un incident, et en supposant que cette proportion de 10% des agressions sexuelles signalées à la police est réaliste, il y aurait quand même eu en tout et pour tout environ 490 femmes de 65 ans et plus victimes d’agression sexuelle au Québec en 2008, soit un taux de 70 femmes pour 100000 femmes de 65 ans et plus. Mais, seule une très faible proportion de ces cas (environ 5%) aurait constitué des agressions de niveau II ou de niveau III (impliquant l’utilisation d’une arme ou susceptible d’avoir causé des blessures).

On se demande pourquoi le gouvernement du Québec persiste à subventionner inconditionnellement de tels organismes qui utilisent les fonds publics pour désinformer systématiquement la population. On se demande aussi pourquoi les journaux continuent à véhiculer une telle désinformation (sans faire un minimum de vérifications quant à leur véracité). L’éthique journalistique est-elle en voie de disparition ?

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